Il faut que je laboure cet espace, et frappe en
pleine tête.
Oui, c'est la tête que je vise, il n'y a
pas deux solutions.
La tête qui ne tient que par artifice en
équilibre entre deux mondes.
Et domine mal ses paniques, creusées par
des pattes de bêtes criardes.
La tête trop sûre de sa direction,
la tête mal suspendue sur son axe.
Elle s'offre à mon tir, de loin elle est
à peine mobile.
Belle cible de tête à barbe faussement
divine, cible facile.
Mais elle a des feintes, tombe sur le côté,
ferme les yeux, se relève.
Séance publique, et voici qu'elle reprend
son murmure, susurrante tête à lèvres noircies.
Moi, je vise toujours de mon terre-à-terre,
je vise avec le gel complice.
Moi, l'insecte qui n'ai que ça à
faire.