Tu as fait ta révolution, et j'ai fait
la mienne. N'aie aucun regret, le fait accompli suffit. Il fallait
que tu prennes tes distances, il fallait peut-être que je
prenne les miennes. Il est exact que je suis attaché. Trop,
sans doute. L'attachement est esclavage, si l'amour n'est plus.
Le seul malentendu entre nous est que je croyais qu'il était
encore. J'ai dû lutter durement pour décourager cette
force qui m'attachait à toi. J'y suis parvenu. Une grande
satisfaction est en moi, que je te dois, à présent
que je me sens délivré de toi. C'est un débrayage
qui peut être plus douloureux que la mort. Mais quand l'effort
est fait, il faut envisager la nouvelle latitude. Un jeu de visages
bascule, un autre jeu éclate dans la tête, des langages
se permettent d'exister, des dieux peut-être. Immense aiguillage
au coeur du monde.