Les grands garçons nus, au sortir des champs,
plongent leur sueur dans l'eau brutale du canal. Ils luttent,
d'un caprice rigoureux, équation première. J'oublie
ma misère, je m'avance, d'une admiration d'origine. La
vie m'étonne encore, même quand mes doigts sont pris
dans l'écorce. Tel est mon sort. Mais le siphon bouillonne
à la grille. Attention, les gars, veillez ! Un tourbillon
entraîne en un manège effrayant des moutons crevés
dont le rose apparaît à travers les plaques de toison.
Toison décollée. Outres, leurs ventres gonflés
qui se heurtent mollement, outres, valsant quelle valse, à
l'image de ma tristesse, glauque tristesse. La clavelée
a détruit mes amours qui tournoient, tournoient dans l'eau
la même.