Ceux-là ne te répondent pas. Tu
poses une question : pas de réponse. Tu fais une remarque
peut-être que tu crois profonde. Rien. Ils ne regardent
même pas de ton côté. Entendent-ils ? Mieux
vaudrait qu'ils n'entendent pas. La parole nous est nécessaire,
elle nous sauverait, elle peut nous perdre. Les mots que nous
proférons durcissent et cristallisent, ils font une énorme
roche vitrifiée et nous voici lisibles, livrés aux
yeux, à la supériorité des regards qui savent
se taire. Je pense au poète, mais aussi à des parleurs,
qui sont des gens malheureux.