L'effraction

 

 

Je n'ai jamais consenti à distinguer mon corps de mon âme. Ce jour-là, il fallait que je sois nu. Mon enfance est traversée de cette lueur poignante. Je sais que rien ne peut me faire plier, même quand tous les hommes s'y mettraient, se mettraient à aboyer. Plus il insiste, plus je tiens tête. Je préfèrerais mourir. C'est pourquoi, je te plains tellement, maison que l'insecte tueur d'arbres et mangeur de pierres a laissée comme un animal de boucherie suspendu au croc de service. Maison que j'aime davantage de te voir demeurer secrète en cette posture de femme facile. Maison-théâtre. Je vois des hommes qui se groupent autour de feuilles immenses, ils condamnent ce qui reste de clos. Il faut aussi que la terre soit meuble pour qu'on puisse y plonger la bêche, il faut que les portes s'ouvrent à la poussée, il faut que les fronts soient fendus et les yeux sans paupières. Non, vous n'enfermerez plus rien en vous-mêmes. Ah ah vous vous dopiez ! Tous sur la place publique, c'est le grand déshabillage, et l'on n'accepte aucun certificat. Mes petits amis, on va voir vos ventres. On va entendre vos mécanismes délicats. On va savoir. Car la connaissance est irrésistible, l'ignioriez-vous ?