L'oiselle écarlate, figée dans une
immobile ascèse.
L'oiselle fière de sa couleur et de sa
beauté.
Le chapeau qu'elle porte c'est pour la messe.
Le nom qu'elle possède appelle au sacrifice.
Le sang se porte à ses joues, à
ses yeux, à ses plumes.
Elle éclate de religion animale, elle exulte
de fixité.
Demoiselle imbattable, sa force est de regard
et de passivité.
De silence surtout, vous tremblez de ce qu'elle
pense. Son jugement vous confond, sa couleur vous étonne,
son lustre vous anéantit.
Si elle parlait, elle vous gênerait par
sa pauvreté intellectuelle. Mais encore vous écraserait
par son inattention.
Rien d'elle ne sort d'elle. C'est une forme absolue.
Elle n'a rien à dire. Telle est sa force.
Rien à entendre aussi. Elle est définitive
et préétablie.