Le message

 

 

Lourd, lourd, à même la pelouse, bras courts en croix, et quel néant. Ou bien sur le parapet dominant la plaine magnifique, la montagne. Cette clé de fer. Les joues, les paupières cachent un fouillis de racines, d'eau morte, de lianes. La passiflore, fleur étonnante. Lèvres batraciennes, peut-être, mais soudées à d'autres lèvres. Charnalité. Des fenêtres se font proches, des pierres rondes amoncelées. Je dois déchiffrer, c'est mon rôle. J'appelle une vague à col de fourrure. Un mot : l'oeillet. Contresens. N'est-ce pas là notre lien ? Nous communiquons à tort et à travers. Ses mots le (me) trompent. Ses mots ? Amandes à piéger, coques. Mais aussi noyau sensible d'où part un hérisson de significations. Machine complexe. Une savante prostration. Cela, pourtant, doit mourir. Tout doit mourir. Ne faiblis pas : serre de près le texte. Cet homme, ce dormeur. Il aime la femme. Assez passif, tendre, non ? L'oeillet, il est toute saveur. Imprégné, saturé, toute succulence. Voyez : les lichens se creusent, les gousses éclatent. Y mettre le miel des lavandes, le ciel très dur, les sauces, les vins, les ardeurs. D'intrépides maximes paysannes, des énigmes. L'empreinte des pieds dans l'herbe. Une importance. Puis-je voir au-delà ? Plus qu'il ne rayonne, il appelle. Il est le sable. Vers lui fusent les sources, les routes, les mares, les amarres. Quelquefois une sorte de cri arrive à la surface, déborde à peine. On est témoin du rêve. Lui oscille entre le dehors et le dedans. Soudain se lève, éclate d'un rire ou d'une harangue, serre dans ses bras l'ami qui sort de terre, le souvenir trempé de temps et d'être, la vieille souche fébrile, le cheval qui danse. Cueille un chat au passage et le prend sur l'épaule. Noirement il se dresse, menhir chevelu.