La mort de l'arbre

 

 

Nous sommes pour le vieux principe de la distinction des genres. C'est comme l'instinct du distinct. On mange salé ou sucré. On rit ou on pleure. On se précipite les bras ouverts ou les poings fermés. On admire l'arbre, on le chante, ou on l'arrache. On adore la femme, ou on la tue. Nous ne mélangeons pas. C'est le vin pur ou l'eau pure. La lavande ou la sanie. Voilà, André Miguel, comment nous sommes. Nous sommes de ceux qui vont jusqu'au bout, ou plutôt jusqu'au fond. La lavande ou le vandale. La petite fleur ou le bulldozer. Comme on dit : à prendre ou à laisser. Embrasser ou mordre, dit Prigent. C'est l'un ou c'est l'autre. Rouault ou joui. Onoo ou la figure de singe. Miguel, tu es mon frère. En non-dualité. Onoo ou inoui. La complaisance ou la résistance, la descendance ou la transcendance, la cassure ou la mixture. On n'en sort pas. L'homme ou la gomme. La solive ou la salive. Boujut ou bougnat. Hume-haut ou hume-bas. Plat-ventre ou saute-mouton. Pas encore fini ? Tu crois qu'on a pas compris ? Suffit.