Merci, Fred Bourguignon, de t'intéresser
au capricorne, merci de me rappeler cet animal nourri de câpres
qui conspire au moindre coup de vent, et rabat sa voilette sur
ses yeux de biche, merci, Fred, de me lancer dans une arène
où aucun coup bas n'est de rigueur, où aucune trahison
n'est de mise. La corne sur l'oreille, on va son chemin au printemps,
on se déhanche aux carrefours de jonquilles et de violettes,
on vrombit pour le plaisir de décontenancer la galerie,
on fait du parachute et du planeur, on déambule à
grandes enjambées chatouilleuses. Freud Bourguignon, toi
qui as si bien décelé la nouvelle époque
de mon art, qui sera dite « d'un noir bleu », sois remercié
de me tendre cet animal si pareil à mon fils Claude, à
cause des jambes longues et de la gentillesse. De me le tendre
d'un doigt distrait, en même temps qu'une carte postale
de neige. Ciré de frais, il traverse sans encombre des
alignements d'insectes engoncés dans d'affreuses armures,
pour se poser, souriant et leste, à l'endroit exact de
la fable. Capricornes en frac et gants noirs, et leurs dames aux
yeux violets qui font des mines de platine de l'air de rien.