L'arbre et l'insecte

 

 

Je te le dis : il faudrait des événements. C'est l'être qui souffre, non l'acte. Flaques de sang. Et ces vitres : l'entropie encore. Violettes desséchées pour quelque culte prohibé. Je suis ce dieu, pour ce que cela me rapporte ! Ces vitres sur l'empyrée, ma détresse. Ou je me trompe, ou il va y avoir du chagrin, un chagrin violet. Et puis après, il faut toujours se remettre au travail. Géométrie de l'aspic qui n'est pas la vraie lavande. Je monte en esprit à ces échelles, et me trouve en face de ce qui m'a tué. Le meurtre et le meurtrier face à face. On ne peut revenir sur cette confrontation. On ne peut annuler ce qui porte à jamais sa définition. La réalité seule est est réelle. Le reste est bon pour les jongleurs. Et encore ils trichent. En ce moment je n'écris rien. Un exercice seulement pour le bruit des touches. J'ai toujours confondu tout et rien.

La grande affiche de ma journée. Je rogne les ongles de la bête. Je rigole sur ma tablette. Je triche à mon image. Le sang désormais est bien caillé. Il a pris une teinte agréable. Dorée ou presque. Mon chagrin de métal. La vieille idiote qui sourit de joie. Les bactéries se cachent. On parle de cet enterrement. Il faut des occasions comme celle-là. On a pu se voir. Sans cela on ne pourrait plus se reconnaître. Qui enterrait-on, au fait ? Ce que vous avez vielli. Une voiture louche et bègue qui klaxonne. J'entends un léger murmure, phrase de je ne sais quel Ducasse. Au paradis tout le monde chahute. Il faut se payer le bonheur éternel. Merde alors, tu crois ? Un paradis peuplé de jeunes filles aux yeux purs, pleines de zèle, et bourrées de diplômes, les vieilles sottes, les sales putes. Ce cher Miatlev. Tu sais, la vie est belle quand le soleil brille, quand la vacance est là. La vacance c'est la vie.